6,7km chaque heure
Une boucle de 6,7km. Un départ au début de chaque heure. Tu boucles avant le départ suivant, tu gagnes le droit de repartir. Le dernier à repartir gagne.
La règle tient en quatre phrases. Ce qu’elle fait à une nuit en ville, à Toulouse, demande un peu plus de place.
Une boucle et une horloge
Prise seule, 6,7km, c’est la distance d’un footing de semaine. Ici, elle revient au début de chaque heure, toujours la même, toujours dans le même sens.
Pour boucler dans l’heure, une allure de 8 minutes 57 au kilomètre suffit. Soit 6,7km/h de moyenne. Sur le papier, c’est accessible.
La difficulté se trouve ailleurs. Elle se trouve dans l’heure suivante, et dans celle d’après.
Le calcul du repos
Chaque minute gagnée en courant devient une minute de repos. Tu boucles en 45 minutes, il t’en reste 15 avant le départ suivant. Tu boucles en 58, il t’en reste 2.
45 minutes, c’est 6 minutes 43 au kilomètre. 58 minutes, c’est 8 minutes 39. Entre les deux, 13 minutes par heure : de quoi manger, changer de chaussettes, fermer les yeux, ou rester debout près de la ligne.
Le calcul se refait à chaque tour. Courir vite allonge la pause et use les jambes. Courir lentement garde les jambes et raccourcit la pause. Ceux qui durent trouvent leur allure tôt, puis la tiennent heure après heure.
Ce que la boucle fait au corps
Les premières heures filent. La boucle se découvre, les jambes sont fraîches, la ville vit encore autour de toi. Au troisième tour, tu connais chaque bordure, chaque relance, l’endroit exact où le vent te prend.
Puis la nuit s’installe. Entre minuit et le lever du jour, la ville se vide, la température baisse, le corps réclame le sommeil. La boucle garde ses 6,7km. Elle change de poids.
Chaque pause refroidit les muscles, chaque départ les relance. Le ventre demande à manger à heures fixes. La tête compte les tours, puis les minutes de repos, puis une seule chose : le prochain départ.
24h, 160,8km
La distance s’ajoute boucle après boucle, comme un compteur qui monte.
3h, 20,1km.
7h, 46,9km. Le marathon tombe pendant la septième boucle.
10h, 67km.
15h, 100,5km. La barre des 100km passe au quinzième tour.
24h, 160,8km. Presque 100 miles, une boucle après l’autre, au même endroit.
Le chiffre impressionne. Il se construit pourtant de la même façon à chaque heure : 6,7km, une ligne, un départ.
Le dernier à repartir
La course se gagne au départ. Tant que deux coureurs s’alignent, l’heure sonne et tout le monde repart. Ça continue tant qu’il reste quelqu’un sur la ligne. Quand une seule personne se présente au départ, elle gagne.
La victoire se compte donc en heures. Chaque tour ajoute 6,7km et une heure au compteur de celui ou celle qui repart. La question de la nuit tient en une ligne : combien d’heures de plus.
BACKYARDRUN, c’est ce format posé en ville, dans Toulouse, la nuit. Un ultra urbain, une course de nuit, une boucle qui recommence.
La date s’annonce bientôt. La liste d’attente est ouverte sur backyardrun.fr, et la série se suit sur Instagram, @backyardrunfr.